Jeudi 10 février 2011 4 10 /02 /Fév /2011 20:42

Comme tout le monde, je rêvais d'un chalet.
Un beau chalet, avec une salle de bain, des wc séparés et même, pourquoi pas, un balcon.
Oh oui, un balcon avec des bégonias ou une autre fleur qu'on met sur des balcons et que je ne connais que de nom.

Mais quand je suis arrivée, j'ai vite constaté qu'on était loin du pays d'Heidi, où on se baisse pour ramasser des chalets, comme on se baisse pour cueillir des edelweiss.

Ici, aussi étonnant que cela puisse paraître,  y a aussi des immeubles, avec des appartements dedans. Les suisses vivent dedans.
Alors, j'ai fait comme tout le monde, (je fais tout comme tout le monde, c'est plus simple pour acquérir des repères et se fondre dans la masse) je me suis attablée et j'ai mangé de la fondue.
C'était une fondue moitié-moitié, une fondue pour laquelle il faut être moitié homme, moitié robot, sinon on succombe à la première bouchée.
Mais c'est une autre histoire, je peux pas tout décrire d'un coup, sinon c'est indigeste.
Comme la fondue pour le commun des mortels.

Bon, du coup, je mangeais ma fondue attablée.
Pas longtemps, hein, juste le temps de la réflexion.
Et puis, tout à coup, l'illumination : au diable le chalet, je vais louer un appartement.

Après quoi, je me suis auto-congratulée pour la bonne idée, l'éclair de génie, la vivacité d'esprit, et je me suis couchée après cette longue journée.
La fondue y était aussi pour quelque chose, je le concède, mais c'est surtout l'orage cérébral, (ou "brainstorming" pour les gens dans la publicité et dans les métiers qui requièrent de maîtriser le franglais) qui m'a éreintée.

Évitons cependant de l'ébruiter, ça pourrait nuire à mon image.

Le lendemain, guillerette, satisfaite de cette nouvelle résolution, je me suis mise à chercher.
J'ai fait tout ce qu'il fallait  : préparer un joli dossier avec du papier et puis des crayons, avec une photocopieuse, si l'occasion se présentait ou le besoin s'en faisait sentir. J'ai rempli des enveloppes, passé des coups de fils, visité, supplié, pleuré, crié, déjoué des arnaques fomentées pour me voler... Rien n'y a fait.

Mes conclusions sur le sujet de l'immobilier sont tombées comme un couperet :

On trouve pas d'appartement non plus, en Suisse. C'est comme les chalets, y en a plus.
Enfin, y en a, derrière les façades des immeubles, je les vois de dehors. Y a des gens dedans qui bougent comme des ombres suisses. Ils font même à diner des fois, ou d'autres trucs que je vous dirais pas.
Mais ces appartements là sont pas pour moi. Les suisses, ils les gardent pour eux, ils les entassent, en cas de disette. Ils les amassent en cas d'infortune.
Du coup, moi pauvre française, moi modèle d'intégration, moi dévouée, moi quand même pas mal cool, quoi, je suis bien embêtée.

Du coup, à nouveau, ça me fait réfléchir.

J'arrête pas de réfléchir, ça entretient.
Bref, je me suis dit que les gens du voyage, ils ont trouvé la solution, pas de crise de l'immobilier, pas de dossier et pas de photocopieur.

Quelqu'un a des plans sur pour des roulottes ?



Heidi-la-mytho.jpg

Par unefrancaisensuisse
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Dimanche 28 novembre 2010 7 28 /11 /Nov /2010 19:59

Ici, vous l'aurez compris, on demande l'avis de la populace sur toutes les questions brulantes qui tourmentent les politiques : Est-il légal de tartiner une biscotte au blé complet des deux côtés? Peut-on tolérer de siffloter dans une rue passante un petit air de Bach en le prenant par la tierce? Les animaux ont-ils droit à leur propre ministère?

Et justement aujourd'hui on leur demande si "Yvan.S, violeur de profession, pourrait être bientôt suisse?"
Alors évidemment, les gens, ils se disent que, non quand même, cet Yvan, il abuse, il vient en Suisse et puis il violent leurs filles, c'est pas cool.
Non franchement, Yvan il nous revient pas avec son bouc touffu, il a l'air suspect. Ça ce voit qu'il est pas de chez nous.
Ce serait une honte qu'il soit suisse en plus.

 

 

ivans.jpg
 

 

Ça y est ils ont tranché, ce sera oui à la réexpédition systématique des étrangers ayant commis certains délits, à 52.9%.

En même temps, on peut comprendre, ils s'y sont hyper bien pris pour la campagne, les mecs de l'UDC. Ça, on peut pas le leur enlever.
Faut être honnête.

Toujours cette histoire de communication totalement maîtrisée, à base de slogans accrocheurs et populistes, une jolie propagande, rondement menée. En plus c'est illustré, c'est ludique. On peut mettre un visage sur un nom.
Ça c'est bien, moi j'aime bien savoir de qui je parle, le visualiser. Ben je peux vous dire, les violeurs en Suisse, ils ont un bouc. C'est flippant.
Je me suis toujours dit, que porter le bouc, c'était appartenir à un monde sombre auquel, nous, honnêtes citoyens, nous n'avons pas accès. En plus c'est pas très hygiénique les poils au menton, ça fait négligé, on a jamais vu un violeur rasé de près.

Les phrases sont simples, tout le monde peut les comprendre, en tout cas tout ceux qui savent lire.
Lire la totalité du programme, mais pour quoi faire? L'affiche résume tout. En fait, on nous facilite la tâche.
Et puis, si on commence à tout lire, on a plus le temps pour Ruquier à la télé.
Et puis, on vote tout le temps, donc on peut pas TOUT comprendre, ça prendrait trop de temps, ça demanderait trop d'efforts.

Et puis, merde, c'est quand même facile de savoir qu'un violeur, il est méchant, pas besoin de lire des pages et des pages. On est pas cons, non plus.

J'en suis admirative. Vraiment, chapeau bas les gars, vous vous y prenez comme des chefs.
Nous, les français, ou "frouzes", comme on nous appelle ici, on a beaucoup à apprendre de cette capacité à être synthétiques et efficaces. Arriver à nos fins, en quelques mots.
Finies les argumentations sans fin.
D'ailleurs, dans un soucis d'intégration (je suis une étrangère modèle, je vous l'accorde), maintenant, j'irais droit au but.
Communiquer avec des dessins et une phrase genre, "le poids des mots, le choc des photos".

Je suis sûre que ça marche aussi du tonnerre avec les enfants, je vais préparer d'avance des posters pour ne pas être prise au dépourvu, si un jour je me reproduis.


se-faire-comprendre.jpg

 

 

 

 

Bon pour revenir à la votation, il y a bien eu un contre projet...
D'ailleurs, je leur laisse le mot de la fin.

 

 

le-poid-des-mots-le-choc-des-photos.jpg

Par unefrancaisensuisse
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Mercredi 10 novembre 2010 3 10 /11 /Nov /2010 17:22

Y a quelques temps, Antoine est venu pour un petit weekend helvète.

Comme on s'est beaucoup ennuyés, qu'on a beaucoup tourné en rond, on a écrit une chanson.
Une sorte d'hommage à Colette Renard morte il y a peu.

(Pour ceux qui ne la connaitraient pas, je vous propose, d'écouter la chanson avant de poursuivre la lecture : http://www.youtube.com/watch?gl=FR&v=UcW4RfhbM88)

On s'est dit que c'était pas juste qu'il n'y en ai que pour nous, les filles, et pas assez pour nous, les garçons.
Donc on l'a écrite version virile (et sur le même air) :

...
Quand doucement tombe la nuit,

Je me fais briquer le pistolet

Je me fais sauter la cartouchière
Je me fais féliciter le plombier
Je me fais inviter au vestiaire

Je me fais astiquer le barreau
 
Je me fais brosser le reluisant
Je me fais choyer le bestiau
Je me fais constater les arguments

Je me fais chatouiller le rigolo
Je me fais charmer le serpent
Je me fais gober l'asticot
Je me fais consoler le larmoyant

Je me fais saluer le colonel
Je me fais saisir l'occasion
Je me fais décaper la poutrelle
Je me fais soulager le mignon

Je me fais câliner le barbare

Je me fais dompter l'adolescent
Je me fais dresser le faire valoir
Je me fais gâter l'artisan

Je me fais confisquer la marchandise
Je me fais redorer le blason

Je me fais corriger la sottise
Je me fais grossir le maigrichon


Je me fais casser la routine
Je me fais fatiguer le curieux
Je me fais tailler l'aubépine
Je fais bondir mes aïeux.


...

Voilà pour l'interlude musicale.


ah les garçons-copie-1

Par unefrancaisensuisse
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Jeudi 7 octobre 2010 4 07 /10 /Oct /2010 17:26

Ici les lois se votent autrement. Démocratie directe, ils ont dit.
C'est les suisses qui décident les projets qu'ils ont envie de soumettre à referendum.
100 000 voix et hop, on envoie. L'initiative populaire ça s'appelle.
Y en a plein d'ailleurs que ça branche de faire entendre leur voix, ils se regroupent sous des petites tentes, des petites tentes blanches, les mêmes que pour la "garden party" de l'Élysée.
Je crois qu'on dit plutôt des stands.
Abrités sous leur stands en forme de tentes, ils haranguent la foule.
Enfin la foule, c'est beaucoup dire, on est 133 000 à Lausanne, alors y a pas vraiment de foule ici. Mais ça fait mieux quand on l'écrit.

Je les croise souvent en ville.

Y en a un qui a retenu mon attention. Faut dire que je le vois tous les jours quand je sors accomplir mon devoir de femme inactive, ma tâche quotidienne et répétitive : m'acheter des clopes.
Comme les plantes font la photosynthèse pour produire de l'oxygène, moi je fume pour produire de la fumée.
Bref.

Ces suisses du stand, ils ont des dreads ou dread-locks, pour les puristes.
Et ils aiment pas la viande. Ils ont choisi d'être végétariens.
Mais ça ne leur suffit pas, ils ont des prétentions hégémoniques, ils voudraient bien que la Suisse entière les suivent dans leur conviction.
Le slogan arboré par leur stand est d'ailleurs simple et clair : "Pour l'abolition de la viande", il scande.

Pourtant, cette fois, je suis pas sûre d'avoir compris. Je sais, j'ai dit que c'était "simple et clair" mais un tien vaut mieux que deux tu l'auras, comme disent certaines personnes quand la situation s'y prête, et même si elle ne s'y prête pas, faut que je vérifie.
Non, c'est bien ça, ils veulent INTERDIRE la viande.

Tous les matins, ils discutent :
"Qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui, dude ? Comme tous les jours, man, on va tenter de végétarianiser la Suisse".

Si ça passe, on va être faits comme des rats.
Ah non, pas comme des rats, ils seront protégés.

Si ça passe, on va l'avoir dans le baba.
Ça va être comme la prohibition aux États Unis, on se vendra des côtes de porc ou des poitrines de volaille sous le manteau. Dans des sacs en papier. Le marché noir.
Non on pourrait le rebaptiser, parce qu'on sera toujours créatifs : "le marché rouge".
Faudra aller dans des clubs ultra-privés et être introduits par des gens influents pour pouvoir manger une côte de boeuf grillée. Rien que d'y penser, je me sens dans un vieux film américain, genre les Incorruptibles. Faut que je m'achète un imper' et un chapeau, du rouge à lèvres et un fer à friser. Ça tombe à pic, c'est le retour des années 50 dans la mode, je vous dirais pas dans quoi je l'ai lu, je sais plus.
Y a tout un business qui se prépare, faut que je tire mon épingle du jeu. Être visionnaire, c'est important.

Je pense déjà à des mesures radicales.
Acheter un congélateur géant.
Non, mieux, acheter une machine à cryogéniser. J'investis dans un bunker, un truc bien planqué dans une colline suisse, ouais y en a tellement des collines, ils me trouveront jamais. J'installe mon business de cryogénie, et bim, je deviens riche. Mais d'abord, je trouve un slogan accrocheur, le suisse y est sensible, je l'ai compris : "ici on surgèle ta marguerite" ou "garde ton poulet, les doigts dans le nez" ou encore "plutôt manger du chien, que d'être végétarien".
Bon on verra dans le business plan, tout ça, ça se prépare tout ça, ça s'étudie.

Et si j'y arrivais pas?
Adieu veaux, vaches, cochons et équidés (le suisse est friand de mon amie Flicka, le célèbre double-poney du Wyoming).
Bonjour, salade, betterave, chou et poireau.

Il parait que c'est une histoire de conscience. Les animaux en auraient une, il semblerait. Enfin, c'est ce que dit le prospectus.
Moi je sais pas, il paraît que les philosophes en ont débattu, encore faut-il les avoir lu.

Merde, s'il s'avérait que la batavia aussi, en avait une, de conscience ?
Et si les cœurs d'artichaut, en avaient justement un, qui battait la chamade ?
Et les tomates cœur de bœuf, si y a "bœuf" dans le nom, est-ce qu'on les assimile à l'animal?
Il va bientôt rester que les minéraux. Ça, en Suisse, y en a... Des lingots, par kilos. Propres à la consommation, on a testé... encore faudra-t-il pouvoir se les payer.

J'ai bien l'impression qu'il y a un filon avec toutes ces lois. D'ailleurs, y en a des absurdes qui passent. Ça vaut le coup d'essayer d'en proposer.

Moi je vais essayer de convaincre des suisses de faire un texte pour l'abolition des voisins. Les voisins, c'est chiant et c'est moche.
Surtout la concierge.
Non vraiment je serai mieux sans voisins.

 

viande.jpg

Par unefrancaisensuisse
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Jeudi 30 septembre 2010 4 30 /09 /Sep /2010 11:16

A Lausanne y a parfois des soirées.

D'ailleurs le weekend dernier, c'était le weekend de la culture : on achète un pass et on va où on veut, enfin dans les trucs culturels, quoi. La nuit des musées, ça s'appelle.
D'ailleurs le slogan dis bien : "le but, c'est d'entrer dans un musée". Ouais, c'est vrai, ça se tient. La com', ils ont ça dans la peau les suisses, même moi j'ai pigé.
Et, pour clore ce fabuleux bouillon artistique, samedi soir, c'est soirée FMR (prononcez éphémère) . C'est jeun's les abréviations, c'est branché. Ça a l'air bien.

Comme je curieuse, je regarde le programme : "silent party @ gymnase". 
SILENT PARTY ????!!! SILENT party ????!!
Oula, ça me dit rien qui vaille.

Ça sent le "roi du silence", ce jeu idiot pour faire taire les enfants : on leur dit qu'il vont gagner s'ils font plus un bruit. Et eux, ils y croient! Ils ont pas compris que c'est seulement pour qu'on ai la paix.

Bon ok, grâce à ça, ils ont gagné, mais on les a quand même bien eus.

Non, vraiment, j'ai beau avoir l'esprit de compétition, je ne suis pas dupe. Et puis, je suis plus maligne qu'eux... J'ai vieilli...  J'ai muri... Trucs de grandes personnes.
La Reine du silence, ce soir, ce sera pas moi. Parce que là, vraiment, j'ai envie de m'exprimer.
Même peut-être de crier un peu, on verra. Si le cœur m'en dit, sur le moment... Enfin j'improviserai.
On est pas obligés de tout prévoir tout le temps non plus.

Vous êtes sûrs qu'on va là ? Ouais?
Last word?
Dernier mot? (je la refais toujours en français, parce que, des fois, les langues étrangères, ça prête à confusion. Et moi je veux être sûre de ce qu'on fait.)
Ah visiblement ils avaient compris l'anglais.
Zut.

Ok on y va.

On prend la navette gratuite. Les suisses, ils aiment bien les transports commun, on dit qu'ils sont "éco-concernés", je l'ai lu dans Biba.
Moi, toujours dans un soucis d'intégration, je la prends aussi.
Là-haut, sur la colline, (je sais pas laquelle, y a plein de collines à Lausanne), tout ce que je peux dire c'est que sur celle là, y a un stade.
Ce stade ils vont bientôt le démolir pour construire des logements, donc ce soir, ils l'ont ouvert au public, ils ont plus peur qu'on l'abime.

J'achète une bière, hyper chère cette bière ! Le barman a dû tomber sur la tête, ou alors il a senti que j'étais pas du coin et il essaye de me voler mes ressources. J'arriverais jamais à dire septante c'est pour ça, j'en suis sûre.
 Il voit ma tête déconfite et me signale poliment que les gobelets sont consignés.
Je me disais aussi qu'ils étaient de bonne qualité ces gobelets. Ils sont doux et durs à la fois. Du genre qui fond pas si on jette sa cigarette dedans. Eco-concernés, je vous dit.
C'est donc seulement la première bière qui est chère ! Je vais en boire plein pour amortir mon investissement.

Dans le stand d'à côté, ils distribuent des casques contre pièce d'identité. Moi j'ai rien... Ah si, ma vieille carte du Louvre périmée, mais jamais ils vont me filer un casque contre une carte du Louvre périmée. En plus je suis moche sur la photo.
Le suisse a confiance, il me prête un casque contre ma carte du Louvre périmée, j'en reviens pas.
Il m'explique que sur le côté,y a un bouton qui me permet de me brancher sur le "canal" que je veux. Quel canal ? Comment je sais lequel je veux ? Toutes ces questions qui se bousculent dans ma tête. Je dois vraiment avoir l'air d'un animal blessé, parce qu'un type se tourne pour m'expliquer.

Ça y est j'ai compris le concept de "silent party" : dans le gymnase, y a 4 Djs qui mixent en même temps, mais la musique elle sort pas des baffles, elle sort de nos casques !
Hop, ni une ni deux, je me mets sur un petit elvis et je vais twister un peu mon body.
Autour de moi certains ont l'air d'écouter plutôt de la "trans", d'autres du hip hop. Quelques filles font comme moi, des chorégraphies inspirées Grease.
Étrange vision : 2000 personnes dans la salle et chacun dans son monde... J'enlève mon casque... pas un bruit. Seuls les pieds résonnent sur le sol du gymnase. C'est surréaliste.
C'est ça, la fête de demain ? Finis les problèmes de voisinage...
Et finie la communication.
Je sors.
Là, tous ont leurs casques autour du cou. Ouf la communication est là, dehors.

Je communique un peu, et je pars, il est tard.

 

Et, les habitudes ont la peau dure, j'ai jeté mon gobelet.

 

 

IMG_0670.JPG

 

 

 

 

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